Le compte-rendu de la soirée du 26 Février : DRH : 2013, l’année du CO… et la coopétition

DRH : 2013, l’année du co … démarre avec une conférence sur  la coopétition interne

En 2013, le Groupement HEC Management et Ressources Humaines a rejoint Le Club Management et Ressources Humaines qui rassemble les anciens de grandes écoles (ESCP Europe, EDHEC, EM Lyon, Reims et Rouen)

Un beau symbole pour inaugurer « l’année du CO », thème retenu pour notre cycle de conférences 2013. Le coup d’envoi a été donné le 21 février, avec une soirée passionnante où Joël de Rosnay a éclairé en virtuose le concept de « CO », avant une table ronde sur la « coopétition ».

Didier Hauvette (H77) consultant-coach a introduit la thématique de la soirée et nous a présenté Joël de Rosnay, président exécutif de Biotics International et conseiller de Claudie Haigneré, présidente d’Universcience (Palais de la Découverte – Cité des sciences de La Villette). Joël de Rosnay est aussi un grand surfeur devant l’éternel.

L’art du surfeur est de parvenir à corriger en permanence les déséquilibres que lui impose la vague : c’est à partir de cette métaphore que Joël de Rosnay a exposé sa vision de la « société fluide » vers laquelle nous tendons, où les rapports de flux remplacent les rapports de forces, où le transversal l’emporte sur le pyramidal. « On passe du système D (chacun pour soi) au système CO (chacun pour tous) », résume-t-il.

Notre écosystème numérique nous a changés : nous sommes des MHBG, des « mutants hybrides bionumériques géolocalisés ». Joël de Rosnay propose 5 clés de compréhension de ce nouveau monde, façonné par la fusion entre le numérique et :

  • l’espace-temps : Internet abolit les distances et bouleverse la temporalité ;
  • l’énergétique : nouveau mix d’énergies, nouveau modèle de production et de distribution… la démocratique énergétique, ou « enernet », est en train de naître ;
  • le matériel : l’industrie 2.0 sera décentralisée et personnalisée, à l’image de la révolution des imprimantes 3D ;
  • le biologique : la biologie de synthèse est déjà une réalité ;
  • le corps : nos smartphones sont des « prothèses symbiotiques » qui augmentent nos capacités, changeant notre rapport au monde et aux autres.

Les entreprises ont beaucoup à apprendre de la génération Internet, dont les valeurs de partage, de mobilité, d’épanouissement, sont en rupture avec le modèle déclinant d’une société rigide. La NetGen pourrait bien être le ferment des entreprises fluides. Pour cela, donnons-leur d’excellents outils numériques, importons Twitter sur l’intranet, favorisons le travail en groupe et récompensons les initiatives internes. N’oublions pas que 90 % des produits de Google sont issues des innovations de ses « intrapreneurs » ! L’entreprise fluide ? Une approche systémique, une structure modulaire, un management catalytique (qui donne les moyens de résoudre soi-même les problèmes) et des relations sur le mode de la navigation. Beau programme !

 

Pour faire écho à ce brillant exposé, place à la table ronde animée par Brigitte Dubreucq (H79) DRH et consultante en gouvernance RH : comment faire vivre le CO en entreprise ? Comment assurer la COopération tout en maintenant la COmpétition interne : en un mot, stimuler la coopétition ? « Je suis convaincue que le collectif s’apprend, et que les jeunes générations l’apprennent plus facilement », assure Bernadette Lecerf-Thomas, auteur d’Activer les talents avec les neurosciences, qui invite à mieux différencier connaissances (mémoire stockée) et compétences (mémoire procédurale). Le cerveau fluide se reconfigure en permanence et est activé par deux stimuli : les routines (la mémoire procédurale acquise) et la nouveauté. C’est pourquoi le DRH doit porter une attention extrême aux apprentissages dans l’entreprise.

La fin du modèle centralisé est également vraie dans le monde syndical, a souligné Hervé Jégouzo, ancien syndicaliste et expert du dialogue social et des relations sociales au travail. « Les organisations syndicales pyramidales s’effondrent, et on va passer là aussi à une société fluide. » La coopétition vaut également pour les partenaires sociaux !

Mais comment imaginer un avenir différent avec des schémas du passé ? En s’efforçant, précisément, de sortir de ces schémas. Et pour cela, de se construire une « mémoire du futur » par un travail de prospective essentiel. Il servira à donner à chacun, et en premier lieu aux dirigeants, les nouveaux repères, outils et cadres de référence qui nourriront les prises de décision. À cet égard, conclut Brigitte Dubreucq, les DRH ont deux rôles importants à jouer : celui d’éclairer les dirigeants et d’ouvrir leur horizon, et celui de faire travailler les collaborateurs sur les scénarios du futur.

 

À vos agendas !

Nos prochaines conférences aborderont les thèmes du co-développement (28 mai) et de la co-responsabilité (3 octobre).

 

À lire

Surfer la vie, Joël de Rosnay, Les Liens qui Libèrent, 2012.

Activer les talents avec les neurosciences, Bernadette Lecerf-Thomas, Pearson / Village Mondial, 2012.

 

Brigitte DUBREUCQ
Présidente Groupement HEC
Management et Ressources Humaines
 
Article rédigé par
Anne BLEUZEN
Journaliste
 
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